Veuve en devenir
Biographie d'un "Artiste" passé de la sculpture sur pierre à la peinture, suivie d'une galerie de peintures, suivie d'une histoire africaine de deux "touristes" éberlués...
09-02-2010

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... [ Burkina Faso ouest (5) ] - [ veuve @ 18:42:08 ] -

Petite ballade dans Bobo qui se prépare à fêter dignement l’an neuf.

Le quartier de la gare, une importante station qui relie Abidjan (Côte d’Ivoire) et son port est également un quartier d’hôtels.

Il y a treize ans, ils étaient flambant neufs et modernes.  Bobo faisait figure de ville avant-gardiste par rapport à Ouaga.  Aujourd’hui, la situation s’est inversée.  Les ex  beaux hôtels sont déserts, les murs se décrépissent, les sols se lézardent.  L’éclairage blafard des néons rend les lieux encore plus sinistres.

Seule « L’Auberge » est restée telle qu’elle m’était apparue à l’époque.

Le vieux Bobo est resté lui-même : habitation en terre, route en terre, vendeurs partout dans une belle anarchie coutumière.  Les eaux usées coulent entre les maisons dans les étroites ruelles, et les immondices couvrent le sol.  Bobo n’apparaît pas sous son meilleur jour.

Ce soir, nous irons souper à « L’eau vive », restaurant tenu par des sœurs catholiques laïques (qui n’ont pas prononcé leurs vœux mais forment une sorte de congrégation), originaires du monde entier.  La cuisine y est de grande qualité, et le cadre est particulièrement soigné.  Il n’est pas nécessaire de réserver une table, même en ce soir de fête.  Nous y arrivons relativement tôt par rapport aux autres familles.  Et comme cette nuit sera festive, tout le monde est sur son trente et un !  Les femmes sont magnifiques, parfumées, maquillées, coiffées avec le plus grand soin.  Leurs robes sont brillantes et gaies.  Les hommes ne sont pas en reste, et les enfants étrennent leur nouveau costume de « grands ».  Nous sommes pratiquement les seuls blancs (hormis un certain nombre de sœurs).

À la fin du repas, vers vingt trois heures, des enfants entament une représentation de la nativité.  Ordinairement, vers vingt deux heures, les sœurs invitent le public présent à chanter quelques cantiques religieux avec elles, mais aujourd’hui c’est spécial, et puisque le nouvel an n’est pas une fête catholique, on refait la nativité !

Des petits groupes d’enfants déguisés vont se succéder, traverser la grande terrasse pour se diriger vers la grande crèche aménagée au fond du jardin au son d’un récitant qui narre l’histoire de la naissance du Christ et des évènements qui l’entourent.

D’abord ils sont deux, puis ils sont trois, puis, ça n’en finit plus !  On se demande d’où ils sortent pour être aussi nombreux !  Ils finissent par se retrouver à une vingtaine dans la crèche, fiers et contents de leur performance.

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Et voilà minuit !  Les feux d’artifice éclatent partout.  Oh, de petits feux individuels, puis les klaxons, puis les gens se congratulent, et l’année nouvelle commence pour nous avec une heure de retard par rapport à la Belgique !  Ouf, nous sommes plus jeunes ! 

Mais quand même pas assez pour passer la nuit à danser dans les boîtes de nuit ou dans les maquis…

Retour chambre et tentative de trouver le sommeil malgré la musique tonitruante qui émane du dancing qui se situe en face de l’hôtel.

1er janvier : nous partons faire la visite du village de Koumi.

Sur la route d’Orodara, à quelques kilomètres de Bobo, ce village traditionnel est ouvert aux touristes.  Plus exactement, la partie ancienne de ce village peut se visiter, accompagné d’un guide local.

Nous empruntons gaillardement la route goudronnée, après de très longues recherches et beaucoup de tours inutiles.  Nous questionnons l’un ou l’autre rare passant en ce lendemain de veille.  La réponse est toujours pareille : c’est par là !  Quel que soit le sens dans lequel nous roulons.  Mais c’est normal, c’est comme ça qu’on renseigne, ne jamais contrarier un conducteur.  Nous avions déjà constaté ça au Bénin lorsque nous ne trouvions pas un endroit particulier.

Pour finir, en rebroussant chemin une fois de plus, nous apercevons un panneau pour Orodara !  Ouais, il n’est placé que pour les véhicules venant de cette direction précise !  Les autres n’ont qu’à se débrouiller !  Ils finiront par trouver…

Quand nous quittons Bobo, nous avons le payage routier.  Nous nous en acquittons.  À peine repartis, nous voilà arrêté pour un contrôle de police…

Et c’est là que les problèmes commencent !

Pierre a laissé son permis de conduire dans sa voiture à Ouaga…  Nos policiers sont de mauvaise humeur de devoir travailler un jour férié, fatigués de leur nuit de fête.

Nous sommes les seuls clients, tout le monde se repose !

Pierre leur explique la situation.  Joe leur propose son permis de conduire, mais ils ne le veulent pas.  Ben quoi ?  On pouvait toujours essayer hein !  Je cherche le mien, mais je l’ai laissé en Belgique avec mes papiers de voiture.

Pierre descend et va parlementer.  Et la discussion dure un certain temps !  Joe envisage de prendre le volant, il est le seul à être en ordre de papiers, mais c’est vraiment à contre cœur.  Les routes et la conduite en général sont tellement différentes ici !

Enfin, Pierre revient !  Verdict : il a marchandé le procès de 24000 cfa à 12000 cfa (1000 cfa = 1,5 €).  Correct non ?  Et il a un papier !  Ce montant ne sera pas l’argent de poche des agents comme cela est encore fréquemment le cas.  Il a également le droit de conduire pendant encore vingt quatre heures, le temps d’aller rechercher son permis.  Evidemment, nous n’envisageons pas une seconde de retourner à Ouaga pour revenir à Bobo ensuite.  Tant pis, on prendra le risque !

Dès que nous parquons la voiture, un guide nous propose ses services et nous indique le tarif : un pour les étrangers, un pour les locaux, et un supplément pour prendre des photos.  Si nous voulons prendre une photo des habitants, nous devons au préalable leur demander l’autorisation et ensuite, leur offrir une pièce de monnaie.

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Koumi est un village catholique et animiste, nous y découvrirons les très nombreux fétiches animistes dans les quartiers répartis en fonction de la profession des hommes : paysans, forgerons, griots (conteurs, musiciens,…), … 

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Les maisons ne sont pas construites avec des briques en banco.  Les murs sont édifiés directement avec la terre travaillée et mouillée, en bandes successives en fonction du séchage de la bande précédente.

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Comme partout, la cour intérieure est l’élément central, et le guide nous montre une « issue de secours » bien camouflée : le mur de la maison donnant sur la ruelle possède une paroi plus mince en forme de petite porte, mais murée.  Si des envahisseurs arrivent à pénétrer dans la cour, les habitants peuvent casser cette issue et s’échapper à l’extérieur !

Le « Petit Futé » nous apprend aussi une particularité de l’habitat de cette population : les maisons sont construites à deux étages.  Les femmes et les enfants vivent en bas.  L’homme occupe l’étage.  L’accès à sa chambre se fait par un escalier extérieur ou via une trappe qui est… dans la chambre de la première épouse !  Il faut noter que « l’escalier » et un simple tronc d’arbre entaillé, tels que ceux que nous avons vus au Mali.

Les femmes ont aussi une activité artisanale : la vannerie. 

Les hommeskoumi2ommes leur ont creusé des trous dans le sol.  Elles y descendent pour y travailler.  Le trou dispose de peu d’éclairage, l'ouveture en est très étroite.  Les tiges qu’elles vont tresser conservent ainsi l’humidité nécessaire pour leur travail.

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Je remarque également que de nombreuses maisons ont des marques blanches de part et d’autre de la porte.  Cela indique qu’on y fabrique du dolo, cette bière de mil fermenté très consommée et de très faible conservation.

La visite nous occupe un long moment, le village est étendu. 

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Burkina Faso   Koumi  
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01-02-2010

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... [ Burkina Faso ouest (4) ] - [ veuve @ 18:27:12 ] -

Jeudi 31 décembre, nous prenons la route pour Bobo Dioulasso relativement de bonne heure.

La sortie de Ouagadougou est un peu chaotique, la route est en grands travaux d’aménagements, elle sera à quatre bandes lorsqu’elle sera finie (dans « un peu » de temps).  Actuellement, elle  dispose de sa largeur finale, mais est entièrement en terre.  Les véhicules slaloment entre les engins de génie civil actuellement à l’arrêt, nous sommes quand même à la veille d’un jour férié.

La poussière a tout envahi.  Un camion déverse une sorte de mélasse sur le sol pour le consolider, l’humidifier.

La route goudronnée qui nous conduira à Bobo est très endommagée durant la première partie du voyage de 360 kms approximativement.  Des groupes d’enfants armés de pelles ou d’outils improvisés rebouchent les trous avec les gravas du bord de la route.  Ils espèrent recevoir une petite pièce de monnaie.

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Toute la volaille de la région est de sortie !  Ce soir, c’est la fête, la plupart des familles vont s’offrir un ou deux poulets, ou dindons, ou pintades.  Les éleveurs circulent en bicyclette, en mobylette, en taxi-brousse, et proposent leur production vivante, pendue par les pattes.  Certaines motos ont doublé de volume tellement elles sont chargées !

Un peu avant Boromo la route devient praticable, même très bonne ! 

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Nous y faisons halte pour le dîner.  C’est l’endroit où tous les voyageurs se croisent pour se restaurer.  C’est également la région de la culture du sésame.  J’en profite pour acheter des petites friandises en graines de sésame agglomérées avec un sirop.  Les petites filles se disputent pour me vendre leurs sachets.

Le choix du repas est assez vaste.  Nous mangeons sous les tonnelles, dans la cour.  Le service est rapide.  La frite a envahi l’Afrique, on nous la proposera partout !  Et si elles étaient ratées à « La consolatrice », collantes, pâteuses et grasses, ailleurs elles ont toujours été très bonnes et parfaitement dorées, même si elles ne sont pas cuites dans une friteuse.

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Les tables sont couvertes d’une toile cirée à la gloire de la « Castel Beer », agrémentée de pensées philosophiques en français et en anglais…  La vaisselle est toujours en fer blanc, mais ce qui compte, c’est le contenu, pas le contenant !

Boromo est aussi un coin fréquenté par des groupes d’éléphants.  Les verrons-nous aujourd’hui ?

Nous reprenons la route sans trop d’espoir, s’ils étaient là, sûr que quelqu’un nous aurait prévenu !

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La voiture vibre très fort, Pierre roule assez vite sur cette deux bandes, entre 110 et 140 ! 

Puis, un bruit nettement plus important l’oblige à ralentir : pneu crevé !

Effectivement, la roue avant passager, celle que Victor avait signalée comme étant défectueuse nous a lâché !

Le temps de la remplacer, et nous reprenons la route.

Déjà, le paysage verdit, il y a même un petit relief !

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Arrivés à Bobo, nous allons tout de suite à « L’Auberge », un hôtel très connu de la ville qui a l’avantage d’être situé au centre.  Nous sommes vannés, une petite sieste d’une heure suivie d’une douche nous fera le plus grand bien…

Rendez-vous à dix sept heures au bar de l’hôtel !

Et puis,… il fait presque nuit lorsque nous immergeons !  GSM vidé, chargeur foutu !

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C’est tout engourdis que nous nous installons au bord de la piscine, Pierre arrive tout de suite, il revient de chez le « colleur » (le spécialiste du pneu).  Notre pneu est tellement naze qu’il nous en a offert un autre un peu meilleur !  Et c’est un vrai cadeau, ce qui est vraiment très rare !  Même avec une chambre à air (qu’on utilise encore couramment ici), il ne pouvait vraiment plus rouler, et il est indispensable d’avoir une roue de secours.  Nous continuerons chaussés comme nous le sommes…

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Afrique   Bobo Dioulasso   Burkina Faso  
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23-01-2010

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... [ Burkina Faso ouest (3) ] - [ veuve @ 17:29:58 ] -

À notre retour à la maison, nous avons Michel en ligne : ils arrivent…

Ouais…

Une heure plus tard, Pierre appelle à nouveau, ils sont presque arrivés !  Il est temps !  Il est presque vingt trois heures !

Sa mobylette roule toujours, heureusement !  Et les voilà, tous les trois, rayonnants !

Stella marche maintenant et elle parle !  Comme un avocat !  Je me demandais si elle parlait un dialecte avec ses parents, mais elle s’exprime parfaitement en français.  Elle est tout impressionnée de nous voir, des blancs !  Et en plus, il y a un barbu !  Elle nous craint cette année, et reste accrochée à sa maman tout en grignotant des cacahuètes dont elle garde jalousement le petit sachet plastique en main.  Elle aura deux ans fin février.  Chez nous, il est vivement recommandé de ne pas permettre aux enfants de manger des cacahuètes avant un âge de plus ou moins six ans, à cause des risques d’étouffement.  Il n’en est rien en Afrique.  Tout le monde en mange !

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Je m’étonne de constater qu’elle ne porte déjà plus de lange.  Maryam me confirme que Stella est « propre ».  Et cela ne semble pas exceptionnel, c’est normal d’être propre avant deux ans.  Cependant, avant de nous quitter, elle aura une fuite !  Au grand dam de ses parents qui sont très gênés et qui affirment que cela ne lui arrive jamais.  La pauvre petite se fait vertement disputer, mais ce n’est pas grave, ce détail sera très vite oublié, elle retournera chez elle sans culotte !  Mais bien au chaud liée sur le dos de sa maman.

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Je n’ai pas prévu de cadeau pour eux cette année, je sais qu’ils ont eu des pertes dans les inondations et je ne connais pas suffisamment la taille de Stella pour choisir des vêtements.  De plus, en cette saison, je ne trouve plus de vêtements d’été, et les anoraks fourrés ne seront pas d’une grande utilité à Ouagadougou !  Je préfère donner de l’argent qu’ils utiliseront en fonction de leurs besoins.  Ils sont ravis de ce choix, et, à mon grand étonnement, Michel confie directement le billet à Maryam !  Ils se confondent en remerciements.

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Nous prenons des nouvelles de Michel : il travaille comme chauffeur pour l’instant, chez un particulier.  Ses boulots sont toujours sans contrat, pour une semaine ou moins.  L’avenir est obscurément incertain.  Maryam s’occupe de Stella la journée, va à l’école le soir (elle est partie pour quatre ans d’étude avant d’avoir le bac), sa maman s’occupe également de Stella, en fait, Maryam vit dans sa famille et Stella est prise en charge par la communauté familiale.  Michel ne travaille plus jamais pour Gaby le guide, Daniel (notre second guide au Mali) non plus.  Il semble que les ponts soient rompus, de manière définitive !  C’est un peu une manière de procéder de la part des « patrons » africains, il en va de même pour Victor : ils engagent des jeunes, les forment (leur salaire est à ce moment-là inexistant ou symbolique), et lorsqu’ils sont formés, lorsqu’ils deviennent rentables, ils les exploitent au maximum avant de les congédier et de recommencer avec un autre jeune.  C’est comme s’ils avaient peur d’être dépassés dans leur connaissance du métier, ou comme s’ils voulaient prouver qu’ils sont les maîtres absolus.  Bref, ce n’est pas drôle d’être un jeune en recherche d’emploi à Ouaga, surtout quand on n’a pas d’autre diplôme qu’un permis de conduire.

L’explosion démographique a été phénoménale : en trente ans, de 300 000 habitants, la ville compte maintenant presque 1 000 000 d’âmes en plus ! 

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L’âge moyen de la population est très jeune : entre vingt et trente ans.  Et c’est vrai qu’en circulant dans la ville nous n’avons pas vu de « vieux » comme nous en rencontrons dans les villages.  La ville est grouillante de vie, en expansion permanente.  La brousse qui entourait jadis Ouaga est aujourd’hui, partout, en cours de construction.  Des routes ont été tracées, les terrains défrichés attendent les chantiers, des murs se construisent pour former les futures enclos, les gardiens s’y sont déjà installés avec leur famille et veillent à ce qu’on ne vienne pas voler sur la future propriété. 

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Au centre ville, les anciens logements traditionnels ont été abattus.  Les habitants se sont vus attribuer un terrain plus loin.  C’est là qu’ils pourront s’installer.  La ville tentaculaire s’étale ainsi à l’infini.  Ces quartiers rasés sont maintenant quadrillés de rues perpendiculaires, construits d’immeubles qui prennent de la hauteur.  Des magasins semblables aux nôtres, avec de grandes vitrines et la climatisation, occupent le rez-de-chaussée.  Les banques fleurissent.  La vitesse vertigineuse du développement est sidérante !

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Nous commençons même à nous y retrouver alors qu’au début de nos séjours nous étions complètement désorientés : pas de nom de rue, pas de plan…  Tout se transforme.  Les artères portent maintenant des noms, mais ils ne sont guère utilisés.  Certains quartiers ont numéroté les maisons, c’est en terme de mètres qu’on avance dans la rue, chiffres pairs à droite, impairs à gauche.

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Mais les locaux continuent de se diriger avec des points de repère visuels tel qu’un hôpital, une école, une banque…  Il est vrai qu’une très grande partie de la population est encore illettrée.  Oublions ici le GPS !  Impraticable !

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Burkina Faso   Ouagadougou   Stella  
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21-01-2010

Utilisez ce lien si vous voulez ajouter un signet ou un lien direct vers cet article... [ Burkina Faso ouest (2) ] - [ veuve @ 17:26:07 ] -

Ce soir, nous sortirons à « La Consolatrice » où Pierre retrouve ses anciens collègues de ses années de travail à la « Commission Européenne de la Justice ».  Tous sont des « locaux », il en était le seul représentant européen.  Nous les avons pratiquement tous rencontrés l’an dernier, lorsqu’ils sont venus le féliciter pour sa décoration, le jour de notre départ.

Le bar-restaurant se situe à la sortie de Ouaga, nous y sommes déjà passés précédemment, en rentrant d’une visite au site naturel où des sculpteurs du monde entier viennent faire des performances sur les pierres locales.  « La consolatrice » est également un « deuxième bureau », lieu de rendez-vous des couples clandestins.

Une petite promenade de Bobette plus tard, nous nous préparons.

La voiture de Pierre a eu des problèmes hier : elle a perdu toute son eau de refroidissement.  Heureusement, les ouvriers de Victor ont pu venir souder l’endroit du radiateur endommagé (Victor est rentré de Belgique aujourd’hui, à quatre heures du matin).  Il a fallu qu’ils se déplacent (la voiture était immobilisée), qu’ils se glissent sous la voiture sans pouvoir bénéficier de la fosse, et qu’ils soudent sans avoir le recul nécessaire.  Ils développent des prouesses d’ingéniosités pour arriver à remettre sur la route un véhicule, et ça marche.  Pourtant, le message continue d’apparaître.  La réparation n’aurait-elle pas tenu ?  Nous ne pouvons risquer de partir dans ces conditions.  Appel à Ferdinand, l’ancien voisin de Pierre et collègue à l’université et à la CEE.  Il viendra nous chercher à la maison.  Les vins sont fournis par les participants, il est relativement peu disponible dans les restaurants, et cette démarche ne pose aucun problème.

Ferdinand est toujours en retard !  Nous arrivons donc les derniers.  De plus, nous devions traverser la ville aux heures de pointe.  Il fait nuit noire, et en Afrique, le soir, il fait vraiment noir !  Ici, en dehors du centre de l’agglomération, l’éclairage public est inexistant.  Le début de la lune montante offre peu de clarté, les ombres se dessinent à peine sur le sol.

Nous sommes installés sous une très grande tonnelle.  La table a été dressée pour la circonstance, le menu défini à l’avance : poisson ou poulet avec des frites, crudités.  Seules quelques-unes des personnes présentes nous sont présentées.  Il s’agit des collègues de Pierre à l’étranger l’an dernier au moment de sa décoration, mais rentrés juste maintenant pour les fêtes.  Parce qu’on revient au pays pour les fêtes !  En famille.  Chacun explique sa nouvelle situation.  Ils sont souvent partis loin de leur pays, ailleurs en Afrique, travaillent sur d’autres projets, selon leur formation.  Ils sont tous là : depuis la Procureur Générale (extrêmement sympathique et simple) jusqu’au chauffeur et à l’homme à tout faire.  Le recyclage n’a pas été simple, l’emploi n’est pas plus sûr là-bas qu’ici.  Les diplômés ont plus de chance que les autres, mais ils doivent avoir une grande souplesse géographique.

Et zut, je mange des crudités !  Il faut quand même faire confiance un minimum.  Les légumes lisses présentent beaucoup moins de danger, j’ai envie de tomate, de concombre, les restaurants ont de l’hygiène, j’y vais, j’avale sans appréhension.

Les chats tournent autour de nous, ils attendent qu’on leur donne les os à ronger, les arêtes.  Les jeunes sont plus audacieux, les « vieux » prennent le relais.

Les anecdotes fusent de partout.  Les directives européennes font rire !  Elles sont incongrues dans un monde aussi différent.  Comment peut-on exiger des prisons aux normes européennes alors que la population locale n’a même pas ce niveau de confort dans la vie de tous les jours ?  Ce serait une incitation à commettre des méfaits pour aller en prison ! 

Deux cultures, deux modes de vie s’affrontent, et nos braves « fonctionnaires » sont trop éloignés de la réalité locale, dans leurs bureaux climatisés l’été, chauffés l’hiver.  Mais comme ils détiennent le pognon, ils veulent imposer leur point de vue qui est forcément le meilleur puisqu’il vient d’Europe et que l’Europe est supérieure en terme de développement !  Cela va sans dire ! 

La soirée se termine, ils se donnent rendez-vous l’année prochaine, aux mêmes dates, pour évoquer les années passées et expliquer les projets présents…

 

Mercredi 30 décembre.

La voiture de Pierre fonctionne !  Après vérification, elle n’a pas perdu son eau, elle donne des signes de panne au démarrage, mais en fait, elle ne fait que signaler la diminution minime du niveau de liquide de refroidissement à cause de l’air présent dans les tuyaux au moment où le remplissage a eu lieu !  Une purge aurait été nécessaire, mais il paraît qu’elle se fait automatiquement (dixit Victor qui a été consulté une seconde fois).

Nous louons une voiture pour partir jeudi matin vers l’ouest et la région de Bobo Dioulasso.  Monsieur Nana, chauffeur à l’hôtel Silmandé, a des voitures personnelles qu’il loue aux particuliers.  Une fois encore, c’est Victor qui nous l’indique.

Rendez-vous, discussion sur le prix, évaluation de l’état de la voiture : nous avions appris qu’elle était « nouvelle ».  Quand elle nous est présentée, Mr Nana nous dit qu’il la possède depuis deux ans, et en regardant sa carte grise, elle a en fait huit ans !  Qu’importe, c’est une voiture neuve ici !

Victor nous a informé que le pneu avant passager devrait être remplacé.

Monsieur Nana nous demande si nous avons encore des questions.  Je l’interroge quant à la présence du pneu de secours.  On ne sait jamais !  Il est parfaitement inconscient de partir en voyage sans une roue de secours !  Les routes étant ce qu’elles sont, les crevaisons sont extrêmement courantes.  Oui, nous avons une roue de secours et même un cric !

Pierre s’est déjà retrouvé, avec une jeep de location, un pneu crevé et pas le cric correspondant à la hauteur du véhicule…  Il a dû demander de l’aide aux passagers d’un bus qui ont soulevé la jeep à bout de bras durant le démontage et le remontage du pneu !

Nous versons un acompte et nous fixons rendez-vous pour le lendemain matin à sept heures trente.  Nous prendrons la route de Bobo vers huit heures.

La journée se comble par diverses courses, la sieste, et la visite du Village Artisanal de Ouaga après la sieste.

Une grande diversité d’artisans y occupe des ateliers et leurs meilleures pièces sont vendues dans la boutique.  La confection, la peinture, la sculpture (bronze), la fabrication d’objets multiples à base de produits de récupération tels que boîtes de conserve, capsules de bouteilles, la maroquinerie, la fabrication de chaussures, les crèmes de soins comme le beurre de karité, le linge de maison, les bijoux, et les sacs fabriqués avec les trop nombreux sachets en plastique souple que l’on trouve partout accrochés aux branches et jonchant le sol, même au plus profond de la brousse.

Je voudrais m’en acheter un, ils sont beaux, originaux, solides.  Les filaments de plastique sont utilisés comme des fils, et le résultat est surprenant !

Mais en cette période de fêtes de fin d’année, les étalages sont dégarnis !  Je dois sortir bredouille.  Peut-être aurai-je plus de chance en visitant les ateliers ?  Mais je dois me contenir, si j’ai le malheur de toucher (ce que je fais toujours), je suis tout de suite harponnée et la discussion est vaine, ils sont trop vendeurs, discutent immédiatement le prix et il arrive parfois qu’on achète un truc qu’on ne voulait vraiment pas mais on s’est empêtré dans la discussion et à défaut de trouver la parade, on cède au harcèlement.  Dans la boutique, les prix sont indiqués et ne se discutent pas.  On peut toucher, essayer, ouvrir, fermer, caresser les matières…

Michel, notre guide de 2007 au Mali, papa de ma filleule Stella, appelle.  Il va venir nous voir ce soir, mais Maryam, la maman de la petite a repris des cours du soir pour obtenir son bac.  Elle termine à vingt et une heure trente…

D’ici là, nous allons manger au restaurant avec Victor, qui sort sans sa Juliette.

Pierre a découvert récemment un restaurant dans le quartier de la faculté de droit.  Il vient d’ouvrir, la carte est très bien fournie, le cuisinier est français, l’endroit est merveilleux, le service est parfait.

Il s’agit d’une maison d’habitation de standing reconvertie en restaurant.  La cour, enfermée de grands murs, est très bien aménagée : tonnelles, piscine, fontaine, plantations, petit carré de pelouse, allées de gravier.  Le living à grandes baies vitrées est devenu la salle climatisée du restaurant.  Nous sommes accueillis par une hôtesse en tailleur rouge qui nous conduit à une table sous la grande tonnelle.  Ce serait bête de ne pas profiter de la douceur de la nuit.  Les serveurs sont tous en costumes foncés, très stylés ! 

Le repas est excellent.  D’autres clients arrivent également, pratiquement tous des « blancs ».  Ils vont s’enfermer dans la salle climatisée.  Nous restons seuls dans le jardin.  Enfin, seuls c’est peut-être un peu exagéré : nous sommes la proie des moustiques !  Et oui, la piscine, la fontaine…

Nous sommes armés de bracelets « répulsifs » pour moustiques, j’ai un spray anti-moustiques dont je m’asperge, rien n’y fait !  On pue la citronnelle à trois lieues à la ronde, mais ça n’indispose que nous.  Les moustiques s’en fichent royalement !  Ils ne respectent que l’anti-moustique spécial « tropical ».  J’en ai !  Mais chez Pierre, je n’ai pas fait attention en préparant mon sac.

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Afrique   Burkina Faso   Ouaga  
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18-01-2010

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Octobre 2009 : il devient urgent de penser aux visas !

Nous avons les billets d’avion depuis l’été : départ le 28 décembre !

Direction Uccle, place Guy d’Arezzo, munis de trois photos chacun et du document de demande de visa, pour une entrée, en trois exemplaires, ambassade du Burkina Faso, nous voilà de retour !

La petite place centrale est toujours animée par les nombreuses perruches qui y ont élu domicile.  Il semble que les nids soient plus petits cette année que l’an dernier.  Sans doute qu’il a fallu les détruire pour l’entretien des lignes électriques ?  Quoi qu’il en soit, l’éclairage public ne doit guère illuminer le petit square.

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Et puis, l’attente, le décompte des jours…

La neige et le froid augmentent encore l’impatience.  Ah, que nous serons bien dans quelques jours, au soleil pour le dernier réveillon de l’année !

Le voyage se déroule sans le moindre pépin, aucune course poursuite après le Thalys ou après l’avion.  Aucune file d’attente.  Il est vrai que nous n’avons pas de chien à emmener cette année.  Bobette vit maintenant à Ouaga depuis plus d’une année et s’y est parfaitement acclimatée.

Nous atterrissons lundi en soirée, à l’heure prévue, Pierre nous accueille à notre sortie de l’aéroport (toujours en grands travaux).

Bobette nous reçoit avec joie, mais ne semble pas nous identifier plus que ça.

Mardi matin, pas de réveil en fanfare aux aurores. 

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Bobette est venue renifler au coin de la porte de notre chambre, comme elle le faisait l’an dernier, dans ses premiers jours à Ouaga, quand nous étions encore présents.  Dès que nous sommes assis pour prendre notre café, elle passe de mes genoux à ceux de Joe.  Elle est en joie !  Elle veut des caresses, des câlins !

Petit-déjeuner en terrasse, « tranquille » ! 

Le programme de ce matin consistera au traditionnel passage par la banque pour le change, puis par le passage au supermarché pour les courses.  Nous ne connaissions pas encore ce magasin, nous sommes très étonnés de constater la grande variété de produits proposés.  Ce n’est même plus dépaysant, nous pourrions y trouver la même chose qu’en Belgique !

Le parking, par contre, est tout petit !  Sa capacité est de moins d’une dizaine de voitures.  Il est gardé sur deux côtés, un homme manœuvre la barrière pour l’ouvrir, descendre le contrepoids, puis, tirer sur la grosse corde de l’extrémité remontée à trois mètres pour l’ouverture et la barrière se referme !

À l’extérieur du magasin, des femmes vendent des fruits.  Nous y achèterons des papayes et des mangues tardives.

Nous passons ensuite chez Victor, le « garage moderne ».  Le quartier a été dévasté par les inondations du premier septembre dernier, quand le barrage de Ouaga a débordé et a anéanti plusieurs quartiers de la ville.  La pluie a été d’une telle intensité qu’il en a résulté une catastrophe nationale.  Des centaines de maisons en banco sont fondues en quelques heures.  C’est évidemment la population le plus pauvre qui vit dans ces logements traditionnels, et qui a payé un lourd tribu en perdant le peu quelle possédait.  Les quelques biens que possédaient les habitants ont été ensevelis dans la boue collante des maisons fondues.  Le maquis où nous avions pris une bière l’an dernier, derrière le garage de Victor, là où nous avions été assaillis par les moustiques, a disparu, comme la plupart des installations de la ruelle perpendiculaire, en terre battue.

Victor n’a pas été épargné.  Son garage a été envahi par un bon mètre d’eau.  Il a subi de lourdes pertes en matériel divers.  Tout ce qui est électronique est mort, et même si on est en Afrique, il a l’équipement adéquat pour réparer les véhicules d’aujourd’hui.

Les voitures parquées, en attente, ont toutes été noyées.  Il faudra longtemps avant qu’elles ne soient à nouveau en état de reprendre la route !  Deux des trois véhicules de Victor sont hors d’usage, et le troisième n’est pas au mieux de sa forme, il donne des signes de défaillance, mais personne ne peut prédire « quand » ça arrivera !

Salam nous a concocté un délicieux dîner : du poulet aux arachides.

La sieste est toujours la bienvenue !  La température monte en effet encore autour des 30° en journée.  La nuit elle redescend entre 20 et 25°, ce qui nous permet d’ouvrir la fenêtre pour rafraîchir la chambre, tout en faisant tourner le ventilateur pour éloigner de nous les moustiques.

Bobette a décidé que durant notre séjour, elle ferait la sieste avec son maître au lieu de rester auprès du gardien, comme elle le faisait l’an dernier pendant notre séjour…

Elle s’est très bien acclimatée et a ses manies en fonctions des saisons : durant la saison chaude, elle cherche tous les endroits climatisés.  Donc, durant la sieste, elle monte avec Pierre parce que sa chambre est climatisée.  Durant l’hiver, soit maintenant, et étonnamment, son poil d’hiver est beaucoup plus dense en Afrique qu’en Belgique, elle profite volontiers du grand air l’après-midi et reste avec ses grands amis : les gardiens qu’elle adore et qui lui passent tous ses caprices !

Bobette a pris des habitudes de reine locale !

À Ouaga, comme dans tout le pays, et sans doute dans une grande partie de l’Afrique, les seuls chiens locaux sont de laides bêtes appelées « chiens jaune ».  Le chien jaune est une race typiquement africaine : hauteur moyenne, pattes fines, nez allongé, queue sans panache relativement longue, petits yeux noirs méfiants, poil « jaune » et ras, bref, pas le genre gentil chien-chien à sa mémère !

Ces chiens vivent le plus souvent en liberté, suivent plus ou moins la famille dans laquelle ils ont élu domicile, sont peu nourris, doivent se débrouiller pour trouver la pitance quotidienne, et finissent souvent dans la casserole s’ils ont trop bien mangé !

Evidemment, ils ne portent pas de collier, et personne ne penserait à les promener en laisse !  Ils vont, parfois, chez le vétérinaire pour leur vaccin contre la rage.  Dans ce cas, ils sont tenus par une corde et remis en liberté dès qu’ils ont reçu leur piqûre.

Bobette, elle, est sortie tous les matins par un gardien : elle aime particulièrement Gailil et Jean-Baptiste.  S’ils ont été impressionnés à son arrivée, ils ont vite compris l’absence de danger et la fierté que leur apporterait ce petit chien lors de ses sorties.

Alors, tous les matins, Bobette a droit à une promenade de près d’une heure dans Ouaga 2000, ce nouveau quartier en construction, où tous les chantiers sont habités par au moins une famille de gardiens de chantier, et où de très nombreux ouvriers s’activent des l’aurore.  Bobette est devenue « LE » phénomène du coin.  Parfois on entend des réactions telles que :

-          C’est une chèvre ?

-          Mais non, c’est un lapin !

-          C’est un bébé chien !

-          Tu sais que ton chien vaut très très cher ?

Bref, la spéculation va bon train !

Le soir, c’est Pierre qui doit la sortir.  À 17 h, 17 h.30, elle réclame sa sortie du soir, avant le coucher du soleil.  Si Pierre ne souhaite pas sortir et qu’il demande au gardien de le faire à sa place, elle se pose le ventre à terre et refuse de bouger jusqu’à ce que ses souhaits soient exaucés.  Et là, encore beaucoup de réflexions qui fusent : les enfants veulent devenir « l’ami » pour pouvoir tenir le chien en laisse et participer à la promenade, les ouvriers des chantiers s’interrogent sur la santé mentale de ce « blanc » qui tient un chien en laisse :

-          Et pourtant, c’est un grand professeur !

Sous-entendu, ce n’est pas un fou, il enseigne à l’université !

Puis, il y a les « amis » de Bobette !  Des chiens qui sont reçus chez elle, avec lesquels elle joue pendant un moment, qu’elle va exciter quand elle passe en se promenant, dont le premier « ami », nourrit par Pierre parce qu’il était très maigre, a « disparu » (a été vendu pour sa viande), dès qu’il a eu un tour de taille appétissant… 

Depuis que Pierre a recueilli un chaton de quelques semaines à l’approche de l’été, abandonné, mourant, dans le caniveau devant sa maison (comme par hasard), Bobette a son ami personnel !  Alors les amis chiens sont seulement sollicités pendant la promenade, mais plus forcément quand ils viennent en visite.  D’ailleurs, Bobette peut se faire mauvaise.  S’ils se présentent lorsqu’elle n’a pas envie de les voir, elle se planque sous la voiture, grogne et tempête pour les chasser de son périmètre ! 

Il en va de même avec les ânes !  Les transports intérieurs sont encore souvent assurés par une charrette tirée par un âne.  Notamment pour la vidange du tonneau d’ordure, fonction exercée par un privé, un gardien de nuit qui travaille la journée à d’autres fonctions.  Là, elle apprécie ou pas l’âne.  Parfois, elle aboie, en furie, parfois elle est indifférente…

Dois-je dire que Bobette est une femelle ?

Bref, Bobette (dite Bobbye localement) est une vedette !

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